
Je suis une enfant. Non, vous n’avez pas mal lu, je suis une enfant. Et au fond de moi, je le serai toujours. Lorsque je me regarde, je vois «Gracia de 5 ans» avec ses yeux tous brillants et son insouciance…. Elle n’a peur de rien, sinon de quelques monstres imaginaires. Je vois cette petite fille, qui assise sur la terrasse avec les autres enfants, écoute son grand-père raconter des histoires qui l’emporte. Je la vois qui croit que tous les contes qu’elle entend sont de vraies histoires. Je vois son innocence et son assurance que tout ira bien.
Ensuite, je vois «Gracia de 10ans», celle qui a un peu plus compris la vie que celle de 5ans, mais qui pour autant, n’en a pas perdu son optimisme débordant. Certes elle est parfois un peu perdue, mais «Gracia de 10 ans» croit qu’elle peut tout supporter. Elle ne se blâme pas longtemps après une erreur.. Elle veut tout devenir : docteure, avocate, présidente de la république, joueuse de basket-ball, chanteuse…. Tout. Elle croit qu’elle peut tout faire. Elle déborde de courage. Elle n’a pas peur de l’inconnu. C’est vrai qu’elle ressent un peu plus souvent la douleur et réalise de plus en plus ce qu’implique la vie. Elle vit, voit et entend des choses qu’elle n’aime pas.
Elle rêve maintenant de changer le monde. Elle comprend que souvent la vie est plus «blanc-noir» que rose. Mais…rien de tout ça ne la destabilise. Non, elle n’a pas peur. Elle n’a pas peur de gravir des montagnes. D’ailleurs, elle croit toujours qu’elle peut marcher sur l’eau en concentrant son chakra dans la paume de ses pieds. Elle n’a pas peur de rêver. Elle n’a pas peur d’être elle.
Aujourd’hui, elle a grandi. Les choses ont changé. Et pour ça, Je m’en veux. Je m’en veux d’avoir laissé mon espoir en cours de route et de m’être dit à un moment donné «Ceci n’est pas réaliste». Tout simplement parce que ma logique d’adulte m’a voilé les yeux pour que je ne vois plus au délà de ce qui est devant moi. Bon, je l’avoue, l’idée de concentrer mon chakra dans la paume de mes pieds pour marcher sur l’eau, est absurde. Je vous l’accorde. Mais celle de pouvoir gravir les montagnes de ma vie, ne l’est pas. J’ai le droit, non, plutôt le devoir de continuer à porter l’espérance et la foi de cette petite fille que j’étais.
C’est vrai qu’étant enfant, nous rêvions. Et parfois, nous rêvions de l’impossible. Mais cela n’était que le reflet de notre conviction de pouvoir réaliser de grandes choses. On pourrait bien dire que nous avions jadis, eu un excès de confiance. Mais le problème aujourd’hui, c’est que nous en manquons. Parfois ou souvent. Choisissez celui que vous voulez. Cela m’importe peu. La vérité, c’est que peu importe la fréquence, nous en manquons. Alors moi je demande souvent à la petite Gracia : Est-ce que je peux emprunter un peu de ta confiance aujourd’hui ? Je sais, dis comme ça, ça a l’air bizarre et un peu bête. Mais vous savez de quoi je parle.
Je réalise que garder cette petite ombre de l’enfance en soi est tellement important. Cela peut raviver en nous la flamme de l’ambition lorsque nous en avons besoin. Je pense que maintenant vous comprenez un peu ma première phrase. D’une manière ou d’une autre, une partie de moi sera toujours une enfant. Je chéris la petite fille que j’ai été. Je sais qu’elle avait des rêves et des espoirs pour celle qu’elle deviendrait, c’est-à dire celle que je suis aujourd’hui. Je ne veux pas la décevoir. Je veux la rendre fière.
Je veux me rendre fière.
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