
J’étais là. Vide. Frêle. J’avais l’impression de planer dans l’air. Je vivais sans « vivre ». La vie semblait n’être rien. Les soirs, je m’ endormais, impassible. L’enthousiasme de découvrir « demain » n’existait plus. « Demain » serait comme « aujourd’hui »; pensais – je. Autour de moi, les gens semblaient heureux. J’étais là, au milieu de tous, recevant toutes ces émotions positives sans vraiment les sentir.
Je devais être la fille dont les parents seraient fiers, la meilleure amie de tout l’univers, la fille la plus gentille qui soit. Je devais, tantôt prendre du poids, tantôt en perdre, pour qu’on me trouve jolie, je devais m’habiller comme ceci ou comme cela pour avoir l’air stylée… Je me ménageais pour être la personne parfaite pour les autres. Mais, le bonheur avait pris congé de moi. Ma vie était en « pause » et j’étais à la quête du bouton « play ». Tout cet amour, toute cette joie autour de moi. Mais je ne pouvais rien ressentir. Imaginez qu’il pleuve du bonheur mais que vous y êtes imperméable. J’avais cette sensation là. Mon âme criait. Je ne perçevais plus rien. Plus rien.
Et il n’y avait que « moi » qui pouvait me comprendre. Mais…moi? Où en étais-je avec « moi » même? Le monde entier à rendre fier, à soutenir, à ne pas décevoir. Enfin…Tout le monde sauf « moi » à satisfaire. À quel moment ai-je pensé à « moi » ? Je m’étais emprisonnée dans le bien-être des autres. Je m’étais oubliée. J’avais oublié ce que c’est que de « vivre ». Vivre c’est d’abord le faire pour soi même. Je devais faire ci, je devais faire ça, être comme ceci ou comme cela… Mais, et « moi » alors? Qu’ai-je fait pour moi? Et ce que « moi » je veux?
Puis j’ai compris que le bouton « play », c’était « moi ». Le bonheur, c’était « moi » d’abord. J’allais enfin me sortir de ce gouffre.
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