
Mes paupières s’entrouvrent. À moitié consciente, je balaie la pièce d’un regard; aucune lumière du jour et le réveil n’a pas sonné. Je soupire, encore une crise d’insomnie. J’admire le noir et je m’y perd, pensive. De quoi sera fait demain? Comme pour y répondre, une mélodie sinistre retentit dans ma tête. Mon cœur s’emballe, je frissonne de la tête aux pieds.
Pourquoi n’existe-t-il pas une bande annonce « prochainement dans votre vie » pour que je me prépare à vivre le pire? Cette peur du futur est-elle normale? Ne devrais-je plutôt pas être excitée à découvrir ce qui sera? Demain, il fera peut être beau mais…ne puis-je pas rester figée dans le présent pour éviter un « demain désastreux » ? Le sort ne se lasse pas de faire des surprises. Et si « demain », tout tombait à l’eau? Faudra-t-il traverser un autre orage, surmonter d’autres obstacles, supporter une nouvelle trahison? Les amitiés d’aujourd’hui se révèleront elles être peintes d’hypocrisie? Demain, le malheur reviendra-t-il de sa dormance? Et si demain la vie devenait plus infernale? Quelle sera l’ampleur de la déception?
Et si…et si…et si j’étais juste trop paranoïaque? Je suis hantée par le futur. Une foule de questions me bouscule. Si seulement je pouvais démystifier les choses. J’accuse l’univers de trop de cachotteries.
Mais il faut que j’arrête. Je divague. Comme toujours, d’ailleurs. Il faut s’y faire, n’est-ce pas ? Il faut dormir malgré l’ignorance et l’incertitude de ce qui sera. Je ne suis pas à cran d’espoir. Hier, j’ai survécu, demain, je survivrai. Enfin, je pense. La vie est éphémère et il y a tant de choses à accomplir. Pourquoi me torturer l’esprit? Si « demain » est un mystère, cela devrait provoquer l’envie de vivre, d’apprendre, d’oser et non la peur de sombrer à nouveau.
En réalité, il faut du cran pour vivre. Pour oser, rêver, aimer, sourire, faire la fête. Pour vivre l’instant présent. Et ce qui est certain, c’est qu’un jour, « demain » ne viendra jamais.
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