
Il y a des parties de moi que mon visage cache. Elles sont désagréables. Elles portent la marque de la “mauvaise personne”. Elles sont enfouies au plus profond de mon âme, car on m’a appris à cultiver le beau, à arroser mon jardin pour que les autres n’y voient que des fleurs. On m’a appris à camouffler les épines et à déguiser les mauvaises herbes.
Alors peut-être qu’au fond, sous les sourires polis et les mots choisis, je suis une mauvaise personne. Pas une méchanceté superficielle, non. Quelque chose de plus sournois. Une aridité du cœur. Comme ce moment où la douleur de l’autre ne me touche plus, où l’égoïsme devient ma seule boussole, ce moment où je choisis, en toute conscience, le mal. Peut-être bien que le Moi perçu extérieurement est un véritable imposteur.
Je ne vais pas m’étouffer dans une perfection qui n’existe pas. Je ne suis pas qu’une aurore boréale. Je suis l’orage, la foudre, l’ouragan. Peut-être que je suis une mauvaise personne. Peut-être que je ne le suis pas. Peut-être que je suis juste Moi. Et que Moi, c’est la lumière, mais aussi le noir.
Mais si le Moi obscur se montrait, si le masque tombait, si je disais tout haut ces pensées qui me viennent à 1h du matin alors que mon esprit se bat contre le sommeil, si je retirais le voile, qui resterait ? Qui dirait encore “Je suis là pour toi” ? Qui dirait encore « Je t’aime » ? Je n’ai pas la réponse. D’ailleurs, elle ne me servirait à rien. Puisque ces racines pourries et ces mauvaises herbes resteront cachées sous des brasiers de fleurs.
Demain, le soleil reviendra, je remettrai mon masque et jamais personne ne verra mes abysses.
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